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Ce livre, dont l'on pourrait traduire (imparfaitement) le titre par « la mère comme fantôme », ou « la mère fantomatique », est écrit par une femme professeur d'anglais à l'Université du Minnesota.
« A travers les principales histoires de cas, et les grands textes culturels et métapsychologiques, M. Sprengnether applique la théorie psychanalytique à Freud lui-même » (présentation de la jaquette de couverture).
Voici un livre documenté, intéressant… mais qu'apporte-t-il à des psychanalystes ?
M. Sprengnether part d'une hypothèse : les relations de Freud à la (sa) mère pré-œdipienne seraient une clé de sa théorisation de la féminité. Elle explore les textes freudiens, y repère des évitements, accumule du matériel, plus ou moins connu, concernant Freud lui-même, et « interprète l'auteur »…
Il y a là une voie déjà suivie de diverses façons et à de multiples reprises et qui nous paraît, psychanalytiquement, une impasse. Pour avancer dans sa propre recherche, tout psychanalyste (et quel que soit son sexe) ne peut éviter de reparcourir la démarche freudienne pour son propre compte, et d'analyser sur lui (ou elle) les effets de cette démarche dans toute sa complexité. Ce que nous pouvons apprendre, ne pas cesser d'apprendre, sur Freud, sa famille, son milieu, ne peut que s'adjoindre à ce matériau princeps qu'est l'œuvre : on en peut faire une lecture sociologique, littéraire, historique ; la lecture psychanalytique, elle, a sa spécificité à laquelle la démarche du livre nous paraît étrangère.
Prenons un exemple : M. Sprengnether relève, dans le récit du cas Dora, ce qu'elle ressent comme le parti pris de Freud pour M. K… : il paraît à Freud