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Le concept de régression, thème du Colloque de Deauville 1991 sous la direction de René Diatkine, multivoque dans son acception psychanalytique stricte, topique, temporelle et formelle, est loin de faire l'unanimité chez les analystes eux-mêmes. Pourtant, parmi les mythes fondateurs qui amènent un patient à tenter l'aventure analytique, celui du voyage à rebours dans le temps tient à coup sûr une place importante. Un petit garçon de sept ans commence ainsi sa séance de psychodrame: « J'ai fait un rêve, mais je ne peux pas te le raconter; je veux qu'il se réalise. » Convaincu par une remarque que le psychodrame est également un espace onirique, il poursuit alors: « J'étais avec mon copain et un petit chien blanc, et on trouvait un tunnel. Le tunnel allait dans le passé. A la sortie, on se retrouvait dans mon école, et je me voyais, quand j'avais trois ans… » Le petit garçon de trois ans avait encore ses deux parents avec lui: ils n'avaient pas encore divorcé.
Ce mouvement régressif, avec sa part d'illusion, rencontre en fait l'originaire, fantasme organisateur du fonctionnement mental, bien plus qu'une origine événementielle datable. La régression serait-elle un concept intermédiaire, discutable au plan épistémologique, mais nécessaire comme point d'articulation entre l'intemporalité des processus primaires et la temporalisation des processus secondaires ? Illusoire en tant que concept, l'idée de régression ouvre-t-elle droit au mouvement régressif, indispensable au processus analytique ? Est-elle au contraire un fondement théorique solide de l'analyse, ou de certains de ses courants ?
D'autre part, Freud soulignait, dans le Complément métapsychologique, qu'avant de rêver le sujet doit déposer ses « prothèses motrices et perceptives ». Cette nécessaire suppression, réalisée par le cadre, ne suffit pas au processus analytique, qui demande aussi pour se mettre en œuvre la capacité de l'analyste de penser autrement ce qui lui est dit. La régression formelle est l'outil pr