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Malgré sa valeur heuristique, le concept de régression, tel que défini par Freud, demeure trop imprécis.
Les auteurs reprennent l'examen de ce concept par rapport à la résistance et à la fixation dans la perspective des lignes de développement du moi (Anna Freud). Pour eux, la distinction théorique entre régression pulsionnelle et régression du moi (et du surmoi) ne se justifie pas forcément, et ils préfèrent parler de fonction antirégressive du moi; opérante par rapport à l'activité consciente et le comportement manifeste, elle a, entre autres fonctions, celle de maintenir la censure entre le « présent-inconscient et le conscient ».
Les trois « maîtres du moi » (inconscient, monde extérieur, surmoi) possèdent le pouvoir de stimuler la régression et de poser des exigences sur la fonction antirégressive ou encore de mettre la régression au service du moi. Les modes de fonctionnement passés demeurent toujours présents et la régression consiste à relâcher l'un ou l'autre aspect de la fonction antirégressive. La clinique permet de constater que la fonction antirégressive constitue la résistance essentielle à l'analyse, et qu'elles sont étroitement entremêlées.