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La récente publication, sous l'influence de J.-M. Masson, de la totalité des lettres de Freud à Fliess nous replonge dans l'histoire de la théorie de la séduction, la neurotica, dont l'abandon permet la découverte du fantasme et fonde la psychanalyse. Histoire restée en partie secrète. J. Lanouzière relève l'étonnante communauté étymologique qui associe secret et séduction au moyen de leur préfixe commun signifiant séparation, division.
Neurotica, séduction traumatique de l'enfant par le père ou les substituts paternels, théorie originaire si scandaleuse qu'elle fut responsable de l'isolement de Freud; J. Lanouzière reprend l'histoire de ce concept et s'interroge avec J. Laplanche: Freud ne l'a-t-il pas trop rapidement et surtout trop définitivement abandonné ? Qu'en fut-il des analystes de son époque ? L'étude de la séduction dans l'œuvre de trois femmes analystes est l'occasion, pour l'auteur, d'un passionnant développement de leur œuvre vue sous le regard de l'avènement de la sexualité féminine et de la maternité. L'abandon de la neurotica n'empêche pas sa réintroduction — mais toute relative — par Freud, sous la forme d'une généralité de la séduction par la mère, qui apparaît dès les Trois essais (1905). Quelle sera la portée de cette prise en compte des soins maternels involontairement excitants ? Peut-on y voir l'amorce de ce qui se propose aujourd'hui comme théorie de la séduction généralisée ? Ces trois femmes analystes, aux théorisations étonnamment libres, ont-elles pris la mesure du message maternel inconscient présent dans les soins au bébé ? C'est la séduction originaire, non plus traumatique accidentelle, mais généralisée2 à