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L'auteur tente d'appliquer la méthode freudienne à ce texte dense, multiple et tardif 1934-1938 dans la visée d'y découvrir « le prisme » susceptible d'éclairer et de relier le début et la fin de la vie intérieure de Freud.
Une bibliographie intéressante soutient sa démarche et nous rend le service de recenser les auteurs de langue allemande et anglaise qui sillonnent ce texte au demeurant peu fréquenté. De plus, l'examen par I. Grubrich-Simitis des manuscrits fragmentaires — brouillons et propres — de la librairie du Congrès, permet les débuts d'une étude génétique.
Freud décrivit la rêverie, ce « sang mêlé » fait lui aussi de condensation, de déplacement et de fïgurabilité, accomplissant les souhaits au gré d'une certaine actualité, puisant dans le passé pour silhouetter l'avenir. A ces titres, l'auteur du présent essai retient le vieillissement de Freud dans le contexte menaçant du national-socialisme, le retour du passé de par la lecture de la Tora (cette Bible de Philippson à Freud offerte par son père) et le futur en deux temps du monothéisme mosaïque qui, pour persécuté et réprimé qu'il ait été, réalise le vœu de Freud pour la postérité de son œuvre livrée aux flammes du printemps allemand de 1933.
— Le premier souhait freudien retenu par Ilse Grubrich-Simitis est celui de la conciliation des modèles traumatique et pulsionnel (il reste de saison si l'on songe aux polémiques fabriquées et superfétatoires des années 1980). Ici le modèle étiologique traumatique, jamais abandonné, bien que bouleversé par le modèle pulsionnel,