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« La psychanalyse est une science »: tels sont les mots qui ouvrent le livre de S.-D. Kipman, définition d'entrée d'une hypothèse avant de lui faire prendre sens. Ainsi, psychanalyste instruit des questions de la science moderne s'appuyant sur une ligne de réflexion introduite par W. R. Bion, amènera-t-il le lecteur à suivre son parcours de chercheur à partir de données hétérogènes, celles du contexte socioculturel et politico-économique du bouillonnement de Vienne mêlant en une dégénérescence de fin de siècle conservatisme formel et essor d'idées nouvelles, celles d'une histoire des sciences et de la psychanalyse en leur contradictions et rapports conflictuels, celles enfin de la prise en compte des interactions des mouvements d'idées et des individus géniaux. Peu à peu le lecteur se verra imprégné par les conditions complexes d'une logique circulaire d'où naquit « la révolution scientifique du début du siècle » générant psychanalyse et mécanique quantique, la première avec Freud, la seconde, après ce qui peut être dit un meurtre fondateur, la victoire des idées de Niels Bohr sur celles de celui qui fut pourtant un génial novateur, Einstein2. Ce fut ainsi, par un véritable bouleversement des idées et des hommes, qu'advint ce que Freud nomma plus tard dans le processus du rêve « transvaluation des valeurs psychiques »3, mais qui là renversait toutes les données de la démarche de connaissance: celle-ci en effet,