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Je remercie Augustin Jeanneau et Pearl Lombard d'avoir eu l'amabilité de me donner un temps privilégié d'intervention, en ce début d'après-midi, pour discuter le rapport de Paul Denis ; regrettant de ne pouvoir articuler mon propos — même brièvement — avec le travail fort intéressant de Massimo Tomassini sur la structure perverse ; certains n'ignorent pas que cette problématique, conjointement avec la névrose obsessionnelle, m'a servi d'exemple privilégié pour proposer, il y a quelques années, une nouvelle approche psychanalytique de l'emprise.
Mon cher Denis, en vous référant à plusieurs reprises à cette étude, en discutant les positions théoriques que j'ai prises pour dire votre accord ou votre désaccord, vous avez ouvert avec moi un dialogue ; je suis heureux de pouvoir vous répondre et tenter par là d'approfondir le débat en cours. Si l'on veut rendre à votre travail l'hommage qui lui est dû, il importe que ce soient les hypothèses de base que vous avez forgées et qui soutiennent tout l'édifice qui fassent l'objet principal de cet échange ; c'est à ce niveau que les divergences entre nous sont les plus nettes.
Non sans humour, vous avez qualifié de « mégalomaniaque » votre entreprise, je dirais — quant à moi — qu'elle est ambitieuse, c'est ce qui en fait l'intérêt et la portée car vous ne cherchez rien moins que de reconstituer la théorie des pulsions en faisant de l'emprise une notion centrale de cet édifice.
A bien y regarder, nos démarches sont inverses. Pour ma part, écartant la notion de pulsion d'emprise qui ne me paraît avoir aucune spécificité, aucune identité propre dans l'œuvre freudienne, je traite de l'emprise non seulement comme d'un schème très singulier de comportement mais bien davantage comme d'un mode