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Le stimulant rapport de Paul Denis ouvre de nouvelles perspectives de réflexion dans le vaste champ de la théorie et de la pratique psychanalytiques. Pour ma part, c'est dans le domaine si complexe des débuts dans la vie que je souhaite centrer mon propos. La clinique psychosomatique des bébés confronte en effet le psychanalyste à de véritables énigmes. Ainsi, comment comprendre par exemple l'apparition précocissime, parfois dès les premières heures de la vie, d'une symptomatologie bruyante et dangereuse, comme c'est le cas de certaines formes d'anorexie sévère ? La référence au système pare-excitation maternel à l'évidence débordé par une surcharge d'excitations peut rendre compte de ce que le nouveau-né, insuffisamment protégé, s'engage d'emblée dans une conduite de rejet tonique entraînant le refus de toute pénétration. Dans un tel cas, contrairement à une idée couramment admise, la position passive n'est pas directement accessible au bébé. Celui-ci ne commence pas, comme l'avait montré Ruth Mack Brunswick dans un article de 1940 : « La phase préœdipienne du développement de la libido »1, par être totalement passif dans la relation à la mère qui satisfait les besoins entraînant le fait que « chaque morceau d'activité repose dans une certaine mesure sur une identification à la mère active ».
Lorsque l'accès à la position passive se révèle apparemment barré, peut-on faire l'hypothèse de l'existence d'une pulsion d'emprise ultra-précoce à l'œuvre chez le bébé ?
Si l'on suit Paul Denis dans sa démonstration concernant les deux vecteurs de la pulsion, ici ce serait l'investissement en emprise qui serait largement prédominant,