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A partir d'un travail solide et bien charpenté, Paul Denis nous propose cette année une refonte des conceptions concernant le dynamisme et la nature même des pulsions. Ce travail, me semble-t-il, s'avérait nécessaire dans la mesure où l'important mouvement psychanalytique, qui d'une façon ou d'une autre récuse l'existence d'une pulsion de mort tout en admettant l'existence de la seconde topique, n'a pas précisé l'inadéquation économique que comportait cette position.
En effet, la conception freudienne du narcissisme secondaire, telle qu'elle fut décrite dans « Le Moi et le Ça », fait directement appel au dynamisme résultant de la liaison et de la déliaison de l'éros avec la pulsion de mort. En tant qu'instance, le Surmoi impose à la pulsion érotique sa désexualisation en lui reprenant la part de pulsion de mort qui l'animait, reprise qui confère au Surmoi le pouvoir anti-excitant de la pulsion de mort.
Cette conception freudienne est fascinante en raison de sa précision quasi mathématique dont d'ailleurs toutes les implications qui en résultent n'ont pas été déduites. Sans doute, cette fascination s'exerce sur les tenants de la pulsion de mort, tenants dont je suis, ce d'autant plus que ceux qui acceptaient la seconde topique, tout en récusant la pulsion de mort, étaient bien loin d'avoir proposé une aussi belle mécanique. Paul Denis y a, lui, parfaitement réussi. Sur quel terrain va alors s'amorcer la discussion ? Le rapporteur se trouve-t-il dans une position d'antithèse inscrite dans un mouvement dialectique ou propose-t-il un nouveau postulat ? Le postulat est une proposition de discussion à partir d'une base non prouvée. Ainsi, l'affirmation de Freud selon laquelle et dans de bonnes conditions l'activité mentale issue de l'érotique prend de l'avance sur celle des pulsions éducables du Moi est un postulat qui situe l'inversion de cet ordre dans l'anormalité. L'opinion de Melanie Klein selon laquelle le Moi est inné est un autre postulat. A partir de ces deux postu