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Mon cher Paul,
L'originalité de ton rapport est une évidence. Une originalité qu'il faut mesurer, non pas seulement par rapport à ce que nos collègues font, mais aussi par rapport à Freud. Ceci suppose courage intellectuel et indépendance d'esprit. Ceci suppose aussi une honnêteté intellectuelle sans faille, que j'aurai encore l'occasion de souligner, puisque les difficultés implicites de ton propos, tu ne les as pas cachées, tu les as même offertes à la critique. Et j'ai le sentiment que c'est au fond faire ce que tu désires que de mettre en évidence ces difficultés. J'ajoute que toutes ces qualités d'auteur qui sont les tiennes, sont en même temps un cadeau que tu fais à nous, tes collègues, puisque tu démens catégoriquement par ton rapport cette désinformation qui courait et qui court encore sur nous, à savoir l' « orthodoxie » ou le « dogmatisme » de notre société.
En t'adressant des critiques, que d'ailleurs je ne crois pas insurmontables, j'ai le sentiment que je continue à aller dans la même direction que toi, puisqu'il n'y a rien qui aille mieux avec ta façon conséquente d'aller jusqu'au bout de tes réflexions, qu'une critique, qui ne cache rien des difficultés immanentes de ton propos. Mais avant tout, je dois encore mentionner deux choses : la première est que tu nous réintroduis dans la problématique, la dialectique, de l'emprise, un concept dont tu as montré qu'il est plus riche en implications qu'il n'a l'air à première vue ; la deuxième concerne l'étendue et la richesse de tes considérations, l'espace analytique que tu couvres, en montrant ce qu'on peut innover à partir de « l'emprise » dans notre façon de comprendre, tant au niveau métapsychologique qu'à des niveaux plus proches de la clinique. C'est justement ta métapsychologie, et plus précisément la théorie des pulsions que tu remanies profondément, que je vais discuter. Je soulignerai en premier lieu ce en quoi nous sommes évidemment d'accord, c'est-à-dire l'importance de repenser la