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Cher Paul Denis, les qualités de ton rapport et de l'argumentation qu'il développe sont telles que je me suis trouvé bien près de me laisser convaincre entièrement par tes propositions.
Ton information, ta profonde culture, tes analyses poussées des concepts et des tableaux pathologiques majeurs de la psychanalyse soutiennent le défi que tu lances, sur la notion d'emprise, à la métapsychologie. Et la logique du raisonnement que tu tiens ne laisse au premier abord passer aucune objection.
Tu enfermes l'emprise dans un dilemme. Ou bien elle demeure, avec l'ensemble des fonctionnements d' « autoconservation » auxquels tu la rattaches, de l'ordre de l' « organique » et de l'automatique, et à ce titre, elle n'intéresse pas la sphère « psychique ». Ou bien au contraire, elle passe avec armes et bagages, toujours avec l'autoconservation, du côté des désirs — opposés aux besoins — et de la sexualité, ce qui correspond pour l'essentiel à la solution adoptée par Freud en 1920, quand il rassemble sous la bannière d'Eros tout ce qui ne relève pas de Thanatos et de la pulsion de mort. Tu te ranges à ce dernier parti, donc, en t'éclairant des vues de J. Laplanche sur la « reprise en sous-œuvre » de l'autoconservation par la sexualité, et, plus encore, sur la séduction généralisée.
Mais rigoureux comme tu l'es, tu observes aussitôt qu'on ne peut retenir cette option que si l'on trouve un statut plus précis à l'emprise dans la métapsychologie, singulièrement dans la dynamique pulsionnelle.
L'hypothèse que tu proposes alors consiste, et c'est très ingénieux, à admettre que l'emprise constitue une « composante » ou un « vecteur », qui, nécessaire à toute pulsion, assure dans la pulsion même la tenue et la constance de la visée pulsionnelle sur l'axe source-poussée-objet-but. Cette composante, dis-tu, se présente comme le « moyen » requis pour l'efficacité de la « composante en