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« Au commencement était l'action », écrit Freud citant Goethe, c'est la dernière phrase de Totem et tabou.
Comme son nom même l'indique, toute pulsion pousse vers un acte, l'expression « poussée pulsionnelle » le confirme ; en effet Freud écrit dans « Les pulsions et leurs destins » : « Par poussée de la pulsion on entend son aspect moteur, la somme de force ou de quantité d'exigence de travail qu'elle représente. Chaque pulsion est un morceau d'activité. » Cette activité, c'est l'action spécifique ou but pulsionnel.
Lorsque P. Denis affirme que « l'emprise est l'activité de la pulsion », il s'accorde ainsi à un point de vue de J. Gillibert1 selon lequel l'emprise est « la pulsionnalité même de la pulsion ».
Y aurait-il donc un rapport si direct entre emprise et action que l'on pourrait dire : au commencement était l'emprise ?
Il faudrait d'abord s'entendre sur ce que serait cette action inaugurale. S'il s'agit vraiment de l'action spécifique de la pulsion, il faut aussi préciser que celle-ci nécessite une action de la part de l'objet externe réel (nourrissage par exemple) permettant de mettre en route l'action spécifique autonome de l'enfant, expérience de satisfaction. Mais on peut tout aussi bien soutenir avec P. L. Assoun2