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Le rapport présenté par P. Denis est une invitation à interroger inlassablement la théorie et la clinique analytiques. L'emprise, tenue longtemps pour un concept univoque, enserrée dans une psychopathologie de la force, se découvre riche de potentialités originales. Déjà R. Dorey (1981) et J. Bergeret (1984) avaient entrepris de dégager l'emprise de la quarantaine conceptuelle où elle était confinée. La lecture du rapport de P. Denis permet aujourd'hui de faire un pas de plus. L'emprise n'est pas un concept négligeable, et une interrogation attentive des textes de Freud montre en effet que différentes conceptions de l'emprise se succèdent, se combinent, voire s'organisent les unes par rapport aux autres. Si l'on dépasse le recensement de l'explicite « Bemächtigungstrieb » on découvre de nombreux textes qui explorent diverses formes des destins psychiques de l'emprise (A. Ferrant, 1992).
La double apparition du concept en 1905 dans Les trois essais sur la théorie sexuelle, sous forme d'appareil et de pulsion, mérite une attention particulière. Le terme d'appareil d'emprise (Bemächtigungsapparat), utilisé par Freud, n'est pas fortuit. Dès les Etudes sur l'aphasie avec l'appareil de langage, puis en 1895 dans « L'Esquisse » et en 1900 dans L'interprétation des rêves avec l'appareil psychique, la notion d'appareil désigne un ensemble fonctionnel arrimé à certains buts. Cette notion, en dehors de ce qu'elle doit à Meynert, accompagne le passage de la méthode cathartique à celle de la concentration mentale, puis la mise en œuvre de la méthode des associations libres : elle rythme la naissance de la psychanalyse.
Nous pouvons alors nous demander si la conception contemporaine des années 1905 d'un appareil d'emprise et d'une pulsion d'emprise ne peut pas être