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Le rapport de Paul Denis m'a laissée très admirative par sa richesse et par la clarté de la présentation. Je lui suis reconnaissante de m'avoir permis de repenser les fondements mêmes de notre théorie : pulsions et énergie libidinale, mais aussi ce modèle de l'emprise qu'il propose qui, comme tout modèle, s'offre comme objet de réflexion, afin que les choix puissent répondre à la connaissance de leurs implications.
Il est évident que la conception d'une composante libidinale, où l'emprise s'exerce dans, ou pour, la satisfaction, entraîne une approche clinique très différente de celle qui considère l'emprise comme étant d'habitude en synergie, mais pouvant également être en conflit, avec la satisfaction. Dans des cas extrêmes, on en arrive à imaginer qu'un versant submergeant l'autre, le premier puisse être complément effacé.
Un point sur lequel je voudrais m'arrêter plus particulièrement, parce qu'il me semble prêter à une réflexion féconde, est celui de la séduction traumatique et de l'emprise violente exercée sur un sujet lors d'abus de pouvoir, qui prennent valeur de désorganisateur, voire de meurtrier, de l'organisation psychique de celui qui la subit. Dans ces cas, comme le dit P. Denis, le Moi se défend ou bien par la soumission, ou bien par l'identification à l'agresseur, selon le mode décrit par Ferenczi (« Confusion de langue entre l'adulte et l'enfant », , p. 130-131). L'agresseur disparaît de la réalité extérieure et le sujet désinvestit les éléments de son appareil d'emprise.
Pourtant, il est des situations où les choses ne semblent pas se jouer ainsi, l'introjection ne conduisant pas nécessairement à la disparition de l' « agression » venant du monde extérieur, ni au désinvestissement par le sujet du registre effecteur et perceptif.