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Le thème de la séparation, central dans le rapport de Tomassini, est présent, à mon avis, même s'il l'est indirectement, dans le rapport de Denis : en effet, la pulsion et l'appareil d'emprise peuvent être aussi considérés comme des mécanismes de défense contre l'angoisse de séparation, contre la perte de l'objet et donc contre la conscience de la précarité de l'objet et de sa propre précarité.
Tout comme d'autres (L. Pavan, 1990 ; J.-M. Quinodoz, 1991 ; ), je pense, selon mon expérience personnelle et professionnelle, que la séparation, dans ses diverses manifestations comprenant la mort d'autrui et sa propre mort, représente un des faits fondamentaux de la vie et de l'analyse.
Avant de continuer, je crois bon de donner quelques définitions terminologiques. Si nous entendons la séparation comme l'absence de notre champ perceptif totale ou partiale, temporaire ou définitive, de l'objet, nous pouvons alors penser à un continuum qui part du simple manque de contact physique entre l'objet et le sujet pour arriver à comprendre la mort de l'objet et sa propre mort ; entre les deux extrêmes de ce continuum se place toute une variété de pertes temporaires et définitives, celles-ci différentes de la mort, concernant non seulement des personnes, mais encore des états et des conditions précédentes (comme la jeunesse, la santé).
L'angoisse de séparation, phénomène universel qui accompagne tous les moments de notre vie, à condition qu'on n'ait pas honte de le reconnaître, correspond au sentiment douloureux de peur qu'on éprouve quand un lien affectif