You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le titre choisi par Massimo Tomassini pour son rapport met en première place le concept de désidentification primaire, et ouvre d'emblée la discussion difficile et fondamentale de l'origine de l'identité — identité sexuelle et subjectivation dans la reconnaissance de l'altérité de l'objet. Mis en appétit, je pensais voir discutés les apports post-kleiniens des Anglo-Saxons dans ce domaine, y sachant la psychanalyse italienne très sensible. Mais, d'une part la courtoisie du rapporteur lui a fait privilégier la discussion avec les travaux français, ceux d'André Green, de Béla Grunberger et de Janine Chasseguet-Smirgel principalement, et, d'autre part, la sensibilité personnelle de Massimo Tomassini me semble plutôt se tourner vers Melanie Klein que vers ses successeurs. Il y gagne une position qui a des avantages éthiques indiscutables, évitant toute connotation moraliste dans l'écoute du patient. Il lui est aussi plus possible de s'identifier à un patient qui est dans une telle haine de l'objet qui s'absente qu'il refuse d'en admettre la séparation, car cette haine témoigne d'une potentialité d'amour aussi importante.
Néanmoins, la discussion sur la perversion conçue comme échec et régression devant le conflit œdipien ou comme issue malaisée de la séparation, de la sortie de la symbiose avec la mère, ne me semble pas épuiser la problématique en jeu. Nous retrouvons une querelle sur l'origine, prise dans une optique génétique, dont nous connaissons les écueils en psychanalyse, alors que le patient que nous rencontrons s'est de toute façon réorganisé dans l'après-coup. Il faut donner tout son poids à l'après-coup pour réaliser pleinement que nous ne pouvons