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Dans un petit livre tout à fait fascinant, Le Dieu des femmes, Jean Vuarnet1 nous offre le portrait de quelques-unes de ces grandes mystiques dont la vie et les écrits rendent compte de l'espoir fou d'atteindre l'absolu de l'amour. Et Vuarnet écrit (p. 26) : « Les Saintes femmes, par essence et par vocation, veillent sur le vide du tombeau vide. Comme si, pour elles, il était la première et peut-être la seule réalité, écho de l'absence infinie. »
En écoutant M. Tomassini — et tout particulièrement le deuxième rêve de son patient Assunto, je pensais à ces images d'extase, à cette attente terrifiée qui est celle du rêve d'Assunto et aussi à cet espoir d'une présence et d'une révélation qui est celui de l'extase. Car en effet, me disais-je, pourquoi Assunto ne s'est-il pas réveillé plus tôt, de ce rêve qui ressemble à un rêve d'angoisse ? Le vide du jardin, les clochards, le fou au regard « infantile », tout cela semble, dans le travail du rêve, avoir eu pour but, dans une durée exaspérante, d'en venir enfin à la « chute » de la femme-mère, soulevée avec une « force extraordinaire » par le fou et précipitée dans le vide.
Tomassini ne nous a pas livré le secret du rêve et il est bien sûr tentant de se laisser aller à ses propres associations ; mais on sait combien alors on ne fait qu'exposer ses propres théories. Or il m'a semblé qu'autour de ce rêve, que Tomassini semble rapporter au rythme hebdomadaire des séparations, on pouvait élaborer justement une théorie qui viendrait faire lien avec le thème du deuxième rapport du Congrès, celui de Paul Denis. Ce lien théorique se rapporte essentiellement à ce que les patients de Tomassini évoquent pour la plupart : une angoisse et surtout, pour moi, un désir d'être pénétré.
Il serait tentant de réduire ce désir (que l'on trouve aussi bien chez les hommes que chez les femmes) à un désir de passivité, désir qui serait masochique,