You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le fétichisme est la plus représentative et la plus lisible des perversions. Le fétiche, la chose est admise, en est le paradigme ; certains suggèrent même qu'il en est l' « emblème »1. Dans cette perspective, on reconnaît aussi que les scénarios pervers, et leur utilisation, peuvent avoir le statut et l'équivalence d'un fétiche. Ceci est valable, pour le sujet qui est contraint d'y faire appel, tant sur le plan de son économie psychique que sur celui d'un simple registre métaphorique.
Ainsi en est-il pour Adrien, homme d'une cinquantaine d'années, qui est venu en analyse pour tenter de donner un sens à ce qu'il vit comme ses zones de froideur et d'insensibilité, qui entraînent en lui le sentiment de ne pas pouvoir aimer, ni être aimé. J'apprendrai bien plus tard que ce patient, atteint parfois d'insomnie, s'installe alors la nuit devant l'écran de son Minitel à la recherche d'un partenaire, auprès duquel il se fait passer pour une femme, poussant parfois le « jeu » jusqu'à travestir sa voix si son interlocuteur, séduit, cherche à le joindre au téléphone pour obtenir un rendez-vous. Dans ces moments-là, Adrien ne fait que répéter, à plus de quarante ans de distance, les jeux de travestissement avec des vêtements féminins, auxquels il se livrait autrefois, en l'absence de tout adulte, chez lui devant une glace. Ces pratiques s'agrémentaient de rituels voyeuristes-exhibitionnistes très complexes qui manifestaient, malgré l'importance et la richesse des fantasmes qui les sous-tendaient, une profonde désorganisation de l'élaboration fantasmatique.
C'est après un long travail analytique autour des motivations inconscientes qui rendaient nécessaire la mise en acte de tels scénarios fétichistes, qu'est apparu,