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Chaque pathologie engage-t-elle un paradigme spécifique, l'angoisse de séparation pour la perversion, l'angoisse de castration pour la névrose ? A cette question cruciale qu'il pose à la psychanalyse, Tomassini répond par l'affirmative, en s'appuyant sur des auteurs comme sur des cas cliniques. Je tenterai de contribuer à faire travailler cette question à partir des syndromes évoqués par le rapporteur, le transvestisme pervers et le transsexualisme.
Tomassini (citant Glasser) évoque l'identification du travesti à la femme, ajoutant plus tard que cette femme est particulière, porteuse d'un pénis, comme Freud l'a noté dans « Le fétichisme » ; le rapporteur mentionne ensuite la négation de la réalité biologique qui conduit parfois au transsexualisme. Une clarification semble nécessaire.
Stoller a distingué le travesti du transsexuel, le premier agissant pour des motifs sexuels — perversion — le second, pour des motifs d'identité — « aberration ». L'évolution que l'on rencontre fréquemment aujourd'hui du transvestisme au transsexualisme montre que la distinction de Stoller est intéressante du point de vue d'une nosologie descriptive, mais que sexualité et identité ne sont pas séparables.
Reste que le travesti est loin de nier sa réalité anatomique lors de l'acte pervers de travestissement, il la revendique et se sent homme en dépit de l'apparence, et il dénie ainsi la « castration » de la femme. Ce n'est que lorsque cette solution ne tient plus, ne parvient plus à endiguer l'angoisse, qu'il est contraint de dénier l'impact du corps sexué, et de demander à « changer de sexe ».
Quant à la proposition d'appeler « structures sexuelles borderline » toute pathologie sexuelle, elle ne me paraît pas tenable, car, même s'il existe un continuum, même s'il s'agit de défenses de survie, les différentes problématiques sont spécifiques dans leur rapport avec la castration, quand bien même la pathologie sexuelle est nourrie d'angoisse de séparation et de mort. Stoller témoigne d'une réser