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« Fais la caméra avec tes mots pour que je voie la scène »: cette phrase adressée à un jeune patient, petit garçon de huit ans, pour libérer son aptitude au récit, constitue le support d'une réflexion sur l'acquisition des « représentations langagières » chez l'enfant.
Le commentaire de deux séances, l'une à l'âge de quatre ans, l'autre à huit ans, suit les transformations que le petit garçon apporta à sa gestion de la temporalité et de l'espace narratif. Au début de l'analyse, justifiée par une forte jalousie à l'égard d'un petit frère, les mouvements de l'enfant envers les objets, analogues à un potentiel de pensées non dites, ont sollicité l'aptitude du psychanalyste à interpréter.
En découvrant la nécessité, l'enjeu et la liberté du dire en séance, l'enfant a progressivement développé une capacité de visualisation qui donna son envol à l'analyse. L'enfant, comme le dit Freud, y fit alors son entrée « d'un pas indépendant ».