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Fruit d'un immense travail, dont l'impressionnante ampleur rend admiratif, l'importante biographie de Sigmund Freud proposée par Peter Gay et récemment parue dans son édition française pose, du fait des options de son auteur, un certain nombre de questions quant aux modalités d'écriture de l'histoire de la psychanalyse. Son auteur, historien de formation, professeur d'histoire à l'Université de Yale (Etats-Unis), a publié un précédent ouvrage, remarqué, sur Freud et l'athéisme2.
Ecrit et conçu à l'évidence pour un large public, Peter Gay aborde cette biographie en historien qui cherche à se situer hors de tous préjugés, passions et polémiques. Ainsi l'auteur nous convie-t-il à une histoire de l'homme Freud, à l'histoire du développement de sa pensée et de la place révolutionnaire que celle-ci a prise dans l'histoire du mouvement des idées, constamment replacées sur fond d'Histoire, et notamment celle de l'Empire austro-hongrois et de l'Europe entre les deux moitiés du XIXe et du XXe siècle. De ce point de vue l'entreprise est une incontestable réussite.
Fondamentalement différente de la biographie de Ernest Jones3 qui reste, aujourd'hui encore, l'ouvrage de référence en ce qui concerne la vie et l'œuvre de Sigmund Freud, le travail de Peter Gay a largement tiré bénéfice de sources dont le célèbre biographe ne disposait pas, ou ne souhaitait pas faire état, à l'époque. Parmi celles-ci, on peut rappeler les importantes découvertes révélées