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Cette contribution s'appuie sur l'étude des fantasmes originaires dans la culture musulmane et plus particulièrement sur l'analyse de l'intrication entre le fantasme de séduction et la violence. Nous montrons comment les relations de violence entre le père et sa fille furent, dans l'Islam, soutenues par des facteurs qui exacerbèrent les pulsions érotiques entre les deux protagonistes. La fétichisation de la virginité de la fille et, dans la Corne de l'Afrique, la coutume de l'infibulation féminine vont susciter chez tout homme adulte des fantasmes de castration devant le sexe féminin « cousu ». Nous observerons alors un déplacement des intérêts masculins, du dehors vers le dedans du sexe, du devant vers le « derrière » du corps féminin, intérêts lisibles dans l'intrication entre pulsions anales et pulsions sexuelles. A propos de cette « fétichisation des fesses », nous reprenons le fantasme masochiste décrit par Freud, « Un enfant est battu », et nous montrons que la fille continue à imaginer des punitions froides et passionnelles de la part du père, même quand la violence de ce dernier ne se manifeste pas; ces fantasmes nous semblent être une des séquelles d'une fixation œdipienne tardive et prolongée.