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Notre exercice en milieu marocain, une réflexion poussée avec Georges Devereux en ethnopsychiatrie, et aujourd'hui en anthropologie, nous conduit à plusieurs constats, d'un certain pessimisme.
Toute culture arabo-musulmane est très prégnante, quelle que soit l'aire géographique du monde arabe, sans parler de la population musulmane, forte actuellement d'un milliard de personnes, qui a des caractéristiques religieuses, anthropologiques et sociales assez superposables.
Le Maroc est un pays arabo-musulman où toute la composante berbère est bien intégrée. Il présente des caractères culturels très marqués, de type « traditionnel ». La croyance religieuse est très prévalente et profonde, les usages codifiant toute la vie de l'individu qui est infiniment moins important que le groupe, la « Umma », littéralement la Matrie. Cette dilution dans le groupe est normale à tous les âges et entrave donc l'accession chez l'enfant à une structuration de la personnalité authentiquement « personnelle », vu le nombre d'interdits à intégrer et la multiplicité de conduites et de pratiques phobo-obsessionnelles qui sont censées réguler la vie psychique. L'ambivalence est de règle dans la langue arabe et dans les codages psycholinguistiques1 et se retrouve dans un certain nombre de schémas mentaux.
Enfin, la pensée magique est une règle majeure entretenant un cosme de superstitions inouï, reléguant les malades somatiques aux thérapies ancestrales prémédicales et les malades psychiques aux exorcistes, aux transes et aux marabouts.