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Depuis toujours, le rêve est objet d'interrogations de la part de ceux qui se penchent avec émotion sur l'âme humaine. Il a souvent été considéré pour sa valeur prédictive.
C'est ainsi qu'en Afrique l'art d'interpréter les songes et d'en lire les présages se trouve encore fortement enraciné dans la culture traditionnelle. De nos jours, les songes continuent à jouer un rôle important dans la vie quotidienne des Baoulé1. Ceux-ci ne perçoivent pas l'expérience onirique comme fondamentalement séparée de l'état de veille; le rêve est vécu par eux comme un mode de communication et un moyen d'information.
En s'insérant dans la trame de l'existence et en se mêlant aux représentations du monde, le rêve permet de découvrir un certain nombre de solutions aux questions qui se posent à l'homme baoulé inséré dans son univers culturel et social. Par ailleurs, la situation onirique est conçue comme le moment où l'individu s'introduit dans le royaume des ancêtres ou des esprits, le moment où le monde de l'invisible parvient à celui des vivants. Ainsi, les rêves sont-ils conçus comme une « pensée agissante », une mise en acte du wawé à travers le snan2.
Selon la tradition baoulé, chaque homme naît avec un double, entité immatérielle et invisible qu'on appelle wawé. Celui-ci est le compagnon inséparable de