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En cette période de tourmente monétaire, de SME et de monnaie unique, le titre du dernier livre de Serge Viderman intrigue. S'agit-il d'un ouvrage sur la monnaie, rédigé par un psychanalyste quittant le domaine de l'économie psychique pour aborder celle, plus générale, qui règle les marchés et les flux monétaires? S'agit-il de reconsidérer l'économie libidinale et les concepts freudiens d'analité ou d'investissement à la lumière des théories de la monnaie ou des échanges marchands?
Sans éluder aucune de ces perspectives, Serge Viderman nous propose bien plus encore. Plus qu'une démonstration son livre fourmille de remarques ou d'idées nouvelles, il est une germination, un « rhizome », diraient Deleuze et Guattari, nous emportant vers de nouvelles réflexions, dans des directions et des registres différents.
A la fois historien, philosophe, analyste et conteur, Viderman emmène le lecteur au gré d'une pensée vagabonde, a-t-on dit, à la recherche de nouveaux espaces de pensée que ne ferment jamais les questions.
Ce thème de l'argent, relativement peu exploré par les psychanalystes, écrit Viderman, est, en effet, au cœur de nos systèmes symboliques. Comme le langage, la monnaie nous caractérise et assure notre identité. « Langue et monnaie sont les deux systèmes de circulation, d'information et de valeur, au sein d'une communauté », écrit Roger Pol Droit2, deux systèmes qui disparaissent dès le passage de la frontière.