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Sollicitée à relancer la discussion relative au rapport de J. et M. Cournut, il n'était pas question pour moi d'entreprendre une critique systématique que le foisonnement d'idées stimulantes proposées par les auteurs rendrait fastidieuse pour chacun. L'éclairage que j'ai choisi d'adopter est celui d'une approche théorico-clinique: je me propose de présenter ici certaines réflexions qui me furent inspirées par la lecture du rapport en me référant à un cas clinique.
Mon questionnement est, nécessairement, personnel. J. et M. Cournut nous le disent: chaque analyste adopte une position théorico-clinique alimentée à sa pulsionnalité singulière, à ses propres théories sexuelles infantiles. Et c'est bien un des mérites majeurs de leur rapport que de conduire le lecteur à s'interroger sur les théories auxquelles il se réfère pour comprendre sa clinique et d'en constater, avec surprise, les particularités. Les interrogations sur certaines divergences par rapport aux points de vue de J. et M. Cournut alimenteront l'essentiel de mon propos. Elles impliquent un dévoilement personnel que nos auteurs n'ont pas évité, eux non plus. Or, le sujet qu'ils ont choisi est susceptible de soulever bien des polémiques, bien des résistances aussi: il fallait du courage pour l'aborder. En effet, si le complexe de castration organise le propos de J. et M. Cournut, c'est bien de masculin et féminin qu'il est question tout au long de leur travail. Sans doute insistent-ils à plusieurs reprises: il ne s'agit pas de confondre féminin, féminité et sexualité féminine. Je pense les avoir bien entendus. Il n'empêche: même si le féminin qu'ils tentent de cerner s'adresse aux deux sexes, le féminin concerne la femme d'abord et son extension à la féminité est difficile à éviter. Je ne suis pas sûre d'avoir évité cet écueil. Les auteurs eux-mêmes