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Je me trouve avec une première tâche aisée et une seconde plus difficile. La première coule de source, et c'est de manifester notre reconnaissance à Jacqueline Goldfrind pour avoir ouvert la discussion sur des problèmes essentiels. Par son exposé élégant, à propos d'une cure avec un moment critique, sa réflexion nous propose avec beaucoup de sincérité d'approcher son travail d'analyste, l'élaboration de son contre-transfert et les théories qui la fécondent.
Jacqueline nous avait bien lu, et s'était précisément donné pour tâche de poser les problèmes autrement que nous ne l'avions fait. Pour ma part, je tenterai d'abord de préciser les points sur lesquels il m'apparaît que nous divergeons et ensuite j'essaierai de dire pourquoi.
Il n'est pour moi ni fécond, ni théoriquement pensable de mettre le vagin sur le même plan que le pénis. La théorie freudienne est certes une théorie phallique; à ce titre, elle est défense contre le féminin; mais ce qui est pour nous essentiel est que cette théorie phallique, ancrée sur la théorie sexuelle infantile de Freud, est une théorie universelle qui structure le psychisme humain, celui des hommes mais aussi celui des femmes.
Aussi bien, donner au vagin et à l'utérus des rôles symétriques à celui du pénis me paraît théoriquement insoutenable.
Le langage parlé est certes fauteur d'imprécision: il ne faudrait pas parler de vagin, d'utérus ou de pénis, qui ne sont que des organes anatomiques, mais bien des représentations psychiques conscientes, préconscientes et inconscientes à propos de ces organes. Or, il apparaît que la représentation du pénis est présente et structurante et que manquent celles du vagin et de l'utérus.
Que le féminin ait à être élaboré, chez les femmes certes mais aussi chez les hommes, nous en sommes bien convaincus, certains même que, sans ce travail, l'analyse du complexe de castration, pour structurante qu'elle soit, reste bâtie sur du sable et toujours près de régresser à un mode de défense phallique où un seul organ