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Notre collègue et amie nous propose une distinction intéressante au point de vue de la pratique analytique. Cependant, peut-être n'en va-t-il pas de même du point de vue théorique. Opposer en effet la référence à la théorie pulsionnelle à la référence à la théorie objectale, opposer — fût-ce pour la discussion — une théorie des pulsions et une autre de la relation d'objet implique d'abord une césure un peu abusive. L'objet est inclus dans la définition de la pulsion, il est intégrateur de la pulsion, il en est même potentiellement la source.
On comprend toutefois le souci de J. G.; il est apparemment dans deux registres. Le premier concerne la nécessité que l'on ressent, au cours de l'analyse de cas difficiles, de calmer le jeu, d'apaiser les crues pulsionnelles et d'offrir au patient dans la tourmente un havre objectal, un parexcitation. Toute la question est de savoir si c'est possible… par les vertus d'un changement référentiel. N'est-ce pas en effet quelque peu illusoire de dire en substance au patient que l'on va provisoirement dépulsionnaliser la situation et convier, à la demande en somme, une mère contenante?
A cette difficulté, Jacqueline Godfrind apporte une précision en insistant sur la vocation « désexualisante » des références à la relation d'objet, en contraste avec des interventions référées à la théorie pulsionnelle, et dont Jacqueline Godfrid estime qu'elles sont parfois trop « sexualisantes », « complices », voire « séductrices » (sic). On comprend, et on partage, la préoccupation de notre collègue, mais une intervention de l'analyste peut-elle être désexualisée et calmante alors que la situation analytique est, par définition, un creuset de surchauffe? L'interprétation, quand elle tombe juste, a cette efficacité, mais on est alors ramené au point de départ: on « intervient » comme on peut, dans l'urgence et l'anxiété, quand précisément on n'a pas trouvé l'interprétation et qu'en attendant on espère calmer les intempéries.
Au point de vue théorique, o