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Au terme de ce congrès, on voit bien une fois encore que dans les divers cas de figure envisageables (le féminin chez la femme, le masculin chez…, etc.) c'est le féminin chez l'homme qui persiste à inquiéter, voire à angoisser, essentiellement les hommes. Le féminin des femmes, mais plus encore leur féminin à eux les hommes, par rapport à un autre homme (un père, un maître, un analyste), les laisse perplexes, ils le refusent, on bute sur du roc.
Une anecdote journalistique: on interroge séparément trois hommes sur « leur féminin ». Chacun reconnaît qu'il en est… pourvu, qu'il le cultive volontiers, et que ces traits féminins favorisent une certaine connivence, l'un avec ses lectrices (c'est un homme de lettres), l'autre avec ses artistes (c'est un homme du spectacle) et le troisième avec ses électrices (c'est un homme politique). Subitement le journaliste pose une question massive et directe: « Et si vous étiez une femme, qui aimeriez-vous être? » L'embarras des trois interviewés est patent; ils fuient le débat et tentent de s'esquiver dans la dérision ou l'incapacité de répondre. Pressés par le journaliste, l'écrivain finit par évoquer George Sand, l'imprésario Ursula Andrew, et le politique, au nom de son sens du devoir et des responsabilités, Mère Térésa…
Poser la question du féminin chez l'homme suppose d'abord un choix. En effet, il nous faut affirmer que la poser ainsi place cette question à un niveau de généralité à tout le moins impressionnant. Même si nous sommes persuadés de cette universalité, encore faut-il évidemment prendre en compte la multitude des réponses culturelles historiquement datées. Ces réponses et aussi, bien sûr, l'énoncé de la question apparaissent bientôt comme d'immenses lieux de projections