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Le déroulement du congrès ne nous a pas permis de répondre à chaud aux exposés de Thierry Bokanowski et d'Hélène Troisier. Cette réaction, ici en après-coup, perd de sa fraîcheur dans les retombées; toutefois nous tenions à souligner l'intérêt de ces deux exposés et l'agrément que nous avons éprouvé à nous être sentis bien compris et prolongés.
Sans doute y avait-il quelque malice à les juxta-opposer. Nous avons été servis! Thierry Bokanowski lance des propositions personnelles, Hélène Troisier, plus réservée, pose des questions. A ceci près que questions et effleurements se précisent: différenciation des individus et différence des sexes, indexation différente du féminin chez le garçon et chez la fille, identification primaire et investissement primaire, passivation et séduction, homosexualité primaire et ses avatars métapsychologiques…
Et on en arrive à l'exploration de la « connaissance perdue » dont, dans le rapport, nous avions fait notre… furet. Hélène Troisier reprend notre lecture de « Un enfant est battu », et remarque que Freud n'a retenu dans son approche en ce qui concerne la fille que la relation de celle-ci avec son père. Mais, l'adulte « indéterminé » du fantasme de fustigation n'est-il pas plutôt la mère, et qui plus est la mère anale? Le fantasme de fustigation, « typiquement féminin, pourrait se trouver sur le parcours, “obligé” de la psychosexualité des filles », marquant « ce moment difficile du changement d'objet, allant du pénis anal de la mère au pénis du père ».
L'intuition d'Hélène Troisier est bonne, et, en effet, dans les cures de femmes, on ne saurait se contenter de repérer envie et culpabilité œdipiennes de se faire battre par le père sans entendre à l'arrière-plan le combat d'adoration obscure et maîtrisée qui mêle la fille à sa mère. Bienheureuses celles qui abordent le havre œdipien…