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Il est classique d'envisager la castration sous l'angle de sa fonction symbolisante, cette dernière étant plus précisément attribuée au complexe de castration. Celui-ci mérite bien son nom car, à l'instar du complexe d'Œdipe auquel il est très étroitement associé dans la théorie freudienne, il articule dans une élaboration conceptuelle très serrée des références diverses. La référence centrale est celle d'une théorie sexuelle infantile; mais celle-ci est elle-même étroitement liée aux effets de la perception, et plus encore à la dynamique conflictuelle que toute théorie a pour fonction d'élaborer à partir d'une angoisse traumatique.
Le regard critique que l'on peut souhaiter porter sur ce fameux « complexe » a tôt fait de se perdre dans les méandres de cette complexité, d'autant que la construction s'en fait de plus en plus fermée lorsqu'on passe de ses premières ébauches (1908-1909: « Les théories sexuelles infantiles » et l'observation du petit Hans) à des formulations beaucoup plus tardives, et ceci à partir de prémisses qui ne sont jamais remises en question. Dès lors que certaines de ces prémisses peuvent paraître contestables, comme cela a été bien montré par J. et M. Cournut, il devient difficile de s'orienter dans une réflexion critique. On se trouve vite placé dans l'alternative d'adhérer le plus fidèlement possible au texte freudien ou, sur ce point de théorie si controversé, de s'en détourner au risque de se priver d'une référence capitale.
Mon propos sera de souligner l'importance de la castration dans sa fonction symbolisante, en abordant ce problème sous l'angle de l' « organisation phallique ». On sait que celle-ci se fonde, suivant la théorie freudienne, sur un investissement électif du pénis qui serait commun aux deux sexes. Tout en faisant droit aux objections qu'a soulevées ce point de théorie, je tenterai d'expliciter en