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Mon intervention portera sur la problématique de l'angoisse de castration chez la femme. La castration concerne les deux sexes puisqu'elle est, selon le Robert: « L'opération par laquelle on prive un individu, mâle ou femelle, de la faculté de se reproduire. » Freud cependant n'utilise cette notion que par référence au fantasme d'amputation du pénis. Pour lui, l'angoisse de castration est donc spécifiquement masculine, les filles, dépourvues de pénis, y échappant forcément bien qu'un complexe de castration soit également décrit chez elles.
Ce terme, comme on l'a vu, a donc plusieurs sens — l'un anatomo-physiologique, l'autre métaphorique — faisant allusion tantôt à une réalité plus ou moins perceptible (la castration ovarienne ou utérine est invisible et l'on sait que les femmes hystérectomisées peuvent continuer à fantasmer la présence de leur utérus et à nier son absence), tantôt à la représentation d'un handicap associé à la perte de facultés, de force ou de pouvoir attribués à un dommage imaginaire.
Il est évident que, du moment qu'on fait allusion à la mutilation d'un organe visible, le problème de la castration masculine par atteinte du pénis revient sur le tapis en tant que risque réel ou fantasmé, tandis que la question se pose de l'existence d'une angoisse de castration féminine et de la forme qu'elle pourrait prendre. Pour y répondre, il me paraît nécessaire de passer rapidement en revue l'évolution psychosexuelle de la fillette.
En préalable, je ferai remarquer que l'accusation de phallocentrisme souvent portée contre les idées de Freud sur la différence des sexes et le primat du phallus semble en contradiction avec la reconnaissance de la valeur heuristique des théories sexuelles infantiles et, comme le soutiennent les rapporteurs, du rôle structurant de la notion d'angoisse de castration pour notre pensée.
Il faut avouer que, dans l'enfance, la fillette peut à bon droit se sentir défavorisée par rapport à son frère. A l'âge où il prend conscience de la diff