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J'ai été amenée à me poser la question de l'existence d'un équivalent féminin de l'angoisse de castration, en étudiant, chez mes analysants des deux sexes, une forme spéciale de vertige que j'ai nommée le vertige par compétition: c'est par exemple le vertige de monter sur une grande échelle, celui de monter « trop » haut en imaginant les autres tout en bas, celui de dépasser les autres, en voiture ou de toute autre façon, ou encore, dans certains cas, le vertige ressenti quand une autre personne s'approche du vide. En effet, dans ce dernier cas, la personne qui a le vertige imagine l'autre en train de tomber, or c'est elle qui crée ce fantasme, donc qui peut créer cette chute imaginaire, comme si elle le faisait tomber en imagination (D. Quinodoz, 1990d, 1994).
Sous des apparences variées, cette forme de vertige me paraît rester toujours l'équivalent d'une angoisse suscitée par la rivalité œdipienne, et en particulier par le fantasme de dépasser le rival (ou la rivale). Le vertige par compétition est pour moi lié à l'angoisse de castration.
Il me semble clair que mes analysantes peuvent présenter, comme mes analysants, un symptôme de vertige par compétition situé au niveau œdipien. Pourtant, Freud dit que les femmes ne présentent pas d'angoisse de castration, au sens littéral, puisqu'on ne peut pas les menacer de les amputer d'un organe qu'elles n'ont pas. N'y a-t-il pas alors une contradiction entre mes deux affirmations: le vertige par compétition peut-il à la fois être une expression de l'angoisse de castration et se manifester chez des analysantes femmes?