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Une qualité majeure à mes yeux du travail de Monique et Jean Cournut est l'itinéraire théorique qu'il décrit, aboutissant à poser la castration comme organisateur de base du psychisme humain; et Jean Cournut, dans les dernières phrases de son rapport de présentation au congrès, a tenu à bien souligner le caractère essentiel de cet enjeu.
Plutôt donc qu'un fâcheux avatar imaginaire dont il importerait surtout de minimiser les effets, le complexe de castration en arrive à être posé comme condition essentielle du sujet humain. C'est même sans doute par là que le point de vue psychanalytique se démarque le mieux du classique discours philosophique. Ce dernier, en effet, cherche à rendre compte des imperfections du sujet, tandis que l'état d'esprit du psychanalyste le porte plutôt à intégrer « la réalité de la castration », comme s'exprime Freud, dans ce constat que c'est sans doute ainsi que ça doit fonctionner, un sujet — puisqu'en définitive, il n'existe à notre connaissance d'autre sujet qu'humain, et donc sexué, c'est-à-dire manquant du sexe qu'il n'a pas…
Dans cette perspective théorique d'un sujet sous condition, « l'éloge de la passivité » sur lequel débouche l'entreprise des Cournut m'a particulièrement intéressé, me donnant envie de reprendre leur balle au bond pour avancer les quelques considérations qui vont suivre.
Le texte freudien Pulsions et destins des pulsions (1915) a été tout particulièrement commenté dans leur rapport. Quelque chose toutefois y attire l'attention dont je m'étonne qu'on ne l'ait pas davantage relevé parmi nous depuis longtemps: c'est précisément que le terme sujet (subjekt) y surgisse de façon réitérée, à neuf reprises — ce qui est d'autant plus remarquable que Freud n'utilise