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Le refus de la féminité peut nous apparaître, autant qu'à Freud, comme un roc de la vie psychique, une résistance que les logiques de l'inconscient ne cessent d'opposer à la prise en compte de la différence anatomique des sexes.
C'est une très vieille histoire. Le mythe de la Genèse ne contenait-il pas déjà l'essentiel des enjeux de ce refus?
Tout commence par un constat que fait Dieu: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul: je lui ferai une aide1 semblable à lui. » Il crée donc les animaux, les formant de la terre selon sa technique habituelle. Il les fait venir vers l'homme, un par un. En vain, « l'aide semblable à lui » reste à générer.
Il faut que l'homme s'endorme, car c'est sur le mode de la régression du rêve que peut alors se créer, par parthénogénèse, « celle qu'on appela femme, parce qu'elle a été prise de l'homme »2.
« Os de mes os, chair de ma chair », s'écrie notre nouveau-né qui jubile: cette fois-ci l'objet est semblable. Création sur le mode de la réalisation hallucinatoire du désir, il trouve à s'incarner. A ce point, le Livre précise que l'homme et la femme peuvent toujours redevenir une seule chair. Un véritable Eden.
On connaît la suite de l'histoire. Elle n'était pas celle qu'il croyait: Eve est séduite par un tiers, ce « serpent », un de ces animaux dont l'homme n'avait pas vraiment vu à quoi il pouvait bien servir, lorsqu'il attendait de « l'aide ».