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Le très intéressant « Rapport » de Jean Cournut et Monique Cournut-Janin met notamment l'accent sur la question des relations existant entre les diverses formes de connaissance, les théories sexuelles infantiles, et la question du féminin et de la castration.
Je proposerai ici quelques réflexions concernant les rapports qu'entretient l'organisation de la pensée avec ses soubassements pulsionnels et identificatoires.
Le désir de connaître, profession de foi avouée de tout chercheur, ne saurait se concevoir sans son complément que j'appellerai « entropique », à savoir: le danger de connaître. Le conflit entre ces deux tendances se manifeste de diverses façons, et notamment par la tendance à la dichotomie manichéiste d'une part, et au refoulement banalisateur d'autre part.
Ainsi sépare-t-on le corps de l'esprit, le visible de l'invisible, le dicible de l'indicible, le mesurable de l'incommensurable, etc.
Ainsi Freud, lorsqu'il révéla au monde le scandale de la sexualité infantile1, ne put-il éviter de répéter inconsciemment une partie de son propre refoulement de cette sexualité scandaleuse, en faisant de la sublimation l'héritière des seules pulsions prégénitales, comme s'il avait reculé devant les implications les plus inouïes des conséquences de sa découverte, à savoir:
— d'une part, l'affirmation de l'existence de pulsions génitales chez l'enfant, à un âge où celui-ci est loin de pouvoir accomplir son destin biologique de procréation;
S. Freud (1905), Trois essais sur la théorie sexuelle, trad. Ph. Koeppel, Paris, Gallimard, 1987, 215 p.
— d'autre part, la participation de cette génitalité à toute œuvre véritablement créatrice.
Des recherches pluridisciplinaires que j'ai dirigées et accomplies voici bien des années1 sur les enfants souffrant de déficiences intellectuelles légères, j'ai retiré notamment les deux ordres de réflexion suivants: