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Je prendrai le risque de proposer à Monique et Jean Cournut une réponse à l'une des nombreuses questions qu'ils soulèvent avec tant de pertinence. Je m'intéresserai ici à ce qu'ils désignent comme une « connaissance perdue… » qui mettrait en cause des « originaires organisateurs », fût-ce en après-coup. Je leur proposerai de considérer — entre autre — que cette « connaissance perdue… » est ce que j'appellerai la « mère-féminine », celle-là qui, par la qualité de ses « messages » à son bébé, permettrait que, plus tard, le complexe de castration du garçon soit, pour lui, plus organisateur que dramatique, et que la fille ne se ressente pas « châtrée » mais au contraire assurée dans son identité sexuelle.
Dans ce qui suit, nous nous limiterons à la relation entre la mère-féminine et son enfant en période « prégénitale ». Il est évident que, quelle que soit son importance, l'évolution psychosexuelle de tout être ne saurait se résumer à cette période, pas plus qu'à cette seule relation. Cette mère-féminine doit d'ailleurs être considérée comme étant celle vers laquelle tend une femme, et non pas celle qu'elle réalise vraiment, ou « entièrement ».
Parmi tous les « attributs » prêtés à la femme, j'essaierai de m'en tenir plus particulièrement à la féminité, à celle qui, d'après le Robert, ne concerne que « l'ensemble des caractères propres à la femme », caractéristiques qui se retrouveront obligatoirement dans la mère, puisqu'on ne saurait séparer ces deux états que sont « femme » et « mère ». S'ils connotent bien des positions différentes, ils demeurent en eux-mêmes fondamentalement indissociables en leurs réciproques singularités. C'est même, pensons-nous, la femme-en-la-mère qui ferait de cette dernière une « bonne » mère, il faut être « amante » pour être mère; si, par contre, la femme est exclue, la mère ne serait plus qu'une « mère-mère » dont l'enfant devrait combler justement ce manque, en étant seulement, pour elle, un objet narcissique. On peut penser, d'ailleurs, q