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Dans le roman intitulé Cefalu, Laurence Durell, auteur d'autant plus britannique qu'il a vécu aux Indes, en Egypte et en Grèce, développe l'histoire d'un groupe de touristes dont les destins individuels s'accomplissent dans l'évitement ou la pénétration d'un labyrinthe crétois. Certains s'y rendent sur les conseils de leur psychanalyste londonien, au demeurant fort peu orthodoxe. Ils y vont sans précautions particulières, sous la conduite d'un guide peu sûr. Un dangereux dédale les conduit à un temple souterrain aux origines douteuses. Est-il antique? Est-il le reflet d'une mystification? On ne sait. Leurs déambulations sont accompagnées par les mugissements d'un monstre. Serait-ce un minotaure? Horror ou felicitas?
Un éboulement catastrophique les coupe du monde et les sépare les uns des autres. D'aucuns meurent, certains sont isolés dans une errance sans fin. Un médium renommé se retrouve dans la grande bouche humide du monstre qu'on ne verra jamais. Meurt-il? Commence-t-il une nouvelle vie? S'abîme-t-il dans une jouissance schrébérienne? On ne le saura pas. Mais ceux qui ont connu la castration symbolique s'en tirent, plus ou moins bien, survivent, et cela d'autant mieux qu'ils ont dû se battre, donner la mort, la frôler de peu ou être habités par elle.
Les destins ainsi figurés pourraient bien s'accorder aux intrications de la castration et du féminin dans les deux sexes, telles que Monique et Jean Cournut les déploient.
Ils nous guident dans un dédale à l'entrée claire et nette, la castration. Mais certaines ramifications ne sont pas sans nous égarer, pour peu qu'on ne revienne pas en arrière un moment.