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L'insistance sur la « noirceur » du continent de la sexualité féminine a occulté un grand nombre de questions la concernant. Malgré d'importantes révisions, dues pour la plupart aux analystes femmes, l'heure n'est pas encore aux synthèses, raison pour laquelle nous voudrions proposer quelques pistes en prenant comme fil conducteur l'homosexualité de la femme sous ses diverses formes. Ces interrogations s'entrecroisent et se recoupent faute d'arriver à les articuler en un système cohérent.
Qu'appelle-t-on homosexualité primaire chez la fille (et chez le garçon)? Comment articuler ce terme — qui ne peut se concevoir que dans un après-coup — avec les notions d'investissement et d'identification primaires? Des deux protagonistes impliqués dans cette relation, n'a-t-on pas tendance à privilégier l'un ou l'autre en négligeant leurs interactions? « Que me veut-elle? », quel est donc son désir, se demande la fille devant la mère toute-puissante. C'est à elle que toutes les demandes s'adressent, dont celle d'avoir un enfant. Le terme d'amour/haine primaire serait peut-être plus exact que celui d'homosexualité primaire. La mauvaise mère servirait alors de défense contre l'homosexualité. Par ailleurs, le clivage des deux imagos, la mère idéalisée et la mère mortifère, se trouve facilité par le déplacement sur les sœurs.