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Certaines femmes nouent de manière préférentielle leur lien de filiation féminine dans la lignée paternelle: une fille occupe pour son père la place de sa tendre mère de jadis, un père demande ou prodigue à sa fille, l'amour « à la façon dont sa mère l'aima enfant ». Chez l'un, la dimension œdipienne évidente de ces liens, qu'ils soient de chair, et/ou analytiques, recouvre souvent une intense nostalgie sous-jacente, tant de sa jeunesse perdue, que de la maternité et de la féminité de sa mère des commencements. Elle rencontre chez l'autre une nostalgie en miroir: tant de l'enfant mâle qu'elle aurait voulu avoir et être, que de son objet œdipien.
L'auteur illustre cette modalité de filiation féminine en évoquant la double filiation d'Anna Freud, fille et patiente de son père, qui fut tout à la fois son Antigone, sa Cordélia, son Amalia-Rediviva. D'autres variantes de ces filiations nostalgiques seront brièvement évoquées, au travers d'un exemple clinique personnel, chez Ferenczi, R. Barthes et Léonard de Vinci.