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Dans un texte clairement argumenté, Sallye M. Wilkinson propose de prendre en compte un moment particulier dans l'évolution psychosexuelle de la petite fille.
Celle-ci, bien qu'elle puisse concevoir ses organes génitaux externes comme donnant accès à des espaces intérieurs, n'a aucune expérience claire de la fonction ultérieure de ces espaces, ni de leur capacité relationnelle.
C'est, pour S. Wilkinson, à travers l'exploration manuelle de son sexe et les sensations érotiques dont elle expérimente les résonances dans son espace intérieur, que la fille conquiert un sentiment d'auto-appartenance sexuelle. Sa main, pénétrant son sexe, lui offre la possibilité d'une double identification: phallique et réceptive. L'auteur accorde une grande importance à ce temps, au seuil de l'Œdipe, où phallique représente aussi bien mère que père et réceptif père que mère.
A l'instar d'autres auteurs qu'elle cite, parmi lesquels J. Chasseguet-Smirgel, J. McDougall et M. Torok, elle propose un autre trajet que celui, freudien, de l'envie du pénis. Pour elle comme pour ces auteurs, l'envie du pénis représente un serment de fidélité exclusive à la mère quand, quelles qu'en soient les raisons, le mouvement d'identification phallique qu'elle décrit ne peut se produire sans être vécu comme attaque envers la mère interne.
Dans ce cas, la mère idéalisée ne peut laisser de place qu'à un autre objet idéalisé, paternel celui-là. C'est dans l'auto-appropriation de ses possibilités féminines futures, ce que S. M. Wilkinson appelle autodétermination, que pourra être ultérieurement désiré un objet externe complétant sur un mode relationnel l'investissement de son propre sexe.
Le schéma proposé permet de concevoir comment la petite fille apprend à maîtriser symboliquement et élaborer sa sexualité encore biologiquement immature.