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Quelle représentation les femmes ont-elles de leur appareil génital, quel en est l'impact sur leur vie psychique et, plus particulièrement, sur leur vie intellectuelle? L'article de Lila Kalinich intitulé: Sur le sentiment de l'absence: perspectives sur des problèmes féminins, paru dans le Psychoanalytic Quarterly, LXII, 1993, explore cette question. Quel analyste contesterait que l'absence ait un sens, dit-elle pour introduire son article. Il est classique de considérer oublis, trous de mémoire, sentiment d'incapacité intellectuelle en termes de refoulement et de défense contre un conflit. N'y a-t-il pas un conflit spécifique en cause lorsqu'il s'agit de femmes? Freud, rappelle-t-elle, considère le moi, cette instance organisatrice, comme la projection d'une surface corporelle où les zones érogènes jouent un rôle particulièrement important. Elle cite l'article de B. Lewin sur « le sens du rien » où il note que lorsqu'un(e) patient(e) dit ne penser à rien, il pense en général au sexe féminin. Elle s'interroge: pour un homme, il s'agit bien évidemment de l'angoisse de castration, mais, pour la femme, au-delà de l'envie du pénis, assimiler son sexe (et que l'homme en fasse autant) à une « non chose » a des conséquences narcissiques dont les répercussions concernent souvent sa vie intellectuelle. Evoquant les nombreuses discussions sur la reconnaissance du vagin, Lila Kalinich souligne que le vagin, contrairement à l'anus ou à la bouche, est un organe sans sphincter, qui « fuit ». Il n'a pas non plus de contenu, comme le mamelon ou les fèces, qui permettrait à la petite fille de le délimiter. Quoi d'étonnant à ce que la femme, dans l'après-coup, se représente sa vie psychique et intellectuelle à l'image de son vagin, comme incapable de « retenir » et potentiellement soumise à toutes sortes d'invasions dangereuses contre lesquelles il faudrait se « boucher » pour se défendre.
Ainsi en est-il des quatre patientes, toutes des intellectuelles aux succès incontestables, dont