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On ne présente pas le Psychoanalytic Quarterly, vénérable revue américaine fondée en 1932.
Je voudrais simplement aujourd'hui faire partager aux lecteurs de la Revue française de psychanalyse mon étonnement. Contrairement aux idées reçues, le Quarterly et ses lecteurs s'intéressent à la psychanalyse française. Qu'on en juge: le n° 1 de 1992 consacre une partie importante de sa rubrique « Notes de lecture » (un tiers du numéro) à des ouvrages français, traduits le plus souvent en américain. Nul ne s'étonnera de voir Joyce McDougall, bien connue outre-Atlantique, en bonne place avec Les théâtres du corps et Le divan de Procuste: le poids des mots le malentendu du sexe, un ouvrage collectif publié sous l'égide du CERP auquel elle participe avec Denis Vasse, Octave Mannoni et Laure Dethiville.
F. Roustang est lui aussi connu aux Etats-Unis où il se rend régulièrement en tant que « visiting professor ». Ses livres y sont, pour la plupart, traduits. Ainsi, Le bal masqué de Giacomo Casanova, recommandé au lecteur comme une subtile introduction à l'étude de la perversion et critiqué pour ses positions sur la sublimation.
J'ai été plus étonnée de trouver un compte rendu serré de neuf pages du livre de Jean Laplanche, Nouveaux fondements pour la psychanalyse. Au passage, j'ai appris que le Vocabulaire de la psychanalyse est traduit en anglais et utilisé par les analystes américains. Le lecteur est prié de ne pas se laisser arrêter par la « brillance qu'on pourrait prendre pour de l'arrogance, par l'intelligence qui pourrait friser le sarcasme voire le mépris » et de plonger dans une lecture difficile qui l'amène à revisiter les concepts fondamentaux de la psychanalyse vivifiés par l'auteur. G. Fogel, l'auteur du compte rendu, confronte les idées de Laplanche à celles de l' « ego psychology » (non sans ironie, dit-il, eu égard au rôle d'épouvantail que joue ce courant aux yeux de Laplanche) et détecte chez lui, comme chez les Américains, le risque de perdre de vue l'ancrage dans