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Kathleen Kelley-Lainé a écrit un livre très original dans son projet, que l'on pourrait qualifier de chimérique au bon sens du terme. Ni autobiographie, ni ouvrage théorique sur la défense maniaque contre la dépression, ni psychanalyse appliquée intellectualisée du thème de Peter Pan relié à la personnalité de son auteur, il contient ces trois dimensions. Trois récits vont se développer en parallèle, s'entrelacer, créant des résonances qui s'imposent au lecteur. De ce fait, le vocabulaire théorique devient superflu et l'ouvrage est accessible au grand public. Ce dernier découvrira aussi, comme évidente, l'implication personnelle de l'analyste puisque, dans le premier récit, Kathleen Kelley-Lainé nous propose un travail auto-analytique sur ses propres défenses maniaques à la suite de l'exil de sa terre natale, la Hongrie, après la guerre, et de la mort de son père en Amérique du Nord. L'exil était porté par le rêve américain de ce père, ce qui en occultait la part de douleur, de deuil. La mort de son père, au début de l'adolescence de l'auteur, quelques années après leur installation, ajoute un deuil essentiel qui maintient intact le rêve et oblige en même temps à surmonter des difficultés réelles qui interdisent de se laisser aller au chagrin, au travail du deuil.
A ceux qui pourraient s'étonner de cette franchise sur son enfance, Kathleen Kelley-Lainé oppose par avance la remarque de Freud qui regrettait que les biographes censurent leur implication personnelle dans la problématique de ceux qui suscitent leur intérêt.
L'histoire de James Mattheew Barrie, l'auteur de Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir, confirme de manière hallucinante la pertinence de la