You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Au son d'un harmonica inventé par Mesmer, « autour d'un baquet percé de plusieurs orifices, sont regroupés les malades. Ils sont reliés entre eux par une corde et chacun est relié au baquet par une barre de métal coudée sur l'organe malade… » A partir du « magnétisme animal » René Roussillon dresse l'inventaire des auteurs et des expériences qui concourent à édifier la préhistoire du cadre psychanalytique et l'évolution de l'articulation pratico-théorique de Mesmer à Freud.
A partir de Mesmer, en dehors de Liebeault et bien sûr Breuer que Freud a connus, le choix des portraits présentés incombe à René Roussillon, un choix qu'il veut justifier dans son « projet archéologique » sous le sceau d'une ambiguïté féconde, celle du psychanalyste historien: « Mon point de vue, pas nécessairement celui d'un historien », « il y a aussi une logique historique, une logique d'historien à mes propres choix », « d'autres choix étaient peut-être possibles dans d'autres perspectives que la mienne ». En tout cas, l'entreprise de la lecture fait apparaître clairement la logique de la démonstration et l'orientation générale du dessein qui part du principe mesmerien de la « crise thérapeutique » et conduit au modèle du rêve, « baquet » de Freud (Laplanche, 1980).
Une succession de modèles s'exprime dans une succession de dispositifs thérapeutiques qui « oscillent entre trois positions au moins: le totem, le fétiche et le transitionnel ».
L'exemple initial est celui de la conception d'un fluide universel qui se transfère d'un individu à un autre par le biais d'un aimant, manœuvre qui permet à Mesmer d'induire la remise en circulation de l'énergie bloquée dans l'organe malade. L'aimant concrétise et rend visible l'invisible fluide. Du traitement individuel à la cure collective, le dispositif se complexifie et devient le fameux