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Le sous-titre de l'ouvrage illustre bien son propos « Travail de deuil et rites funéraires dans un village libanais ». Ce village est celui où l'auteur a passé son enfance, Abdilly, dans la région de Batroun au nord du Liban. La population de 925 habitants y est entièrement chrétienne et de rite maronite. Une des particularités significatives de cette communauté est que les rituels funéraires ont une très grande importance dans la vie sociale. L'auteur a donc grandi dans ce milieu, baigné dans cette atmosphère, vécu dans ce contexte et d'autant plus qu'il a perdu un de ses compagnons de jeu lorsqu'il avait lui-même à peu près sept ans. Comme il affirme que le deuil d'un jeune garçon est pratiquement irréalisable — opinion qui n'est pas universellement partagée —, nous pouvons imaginer le tragique de la scène, le chagrin et le désespoir des parents, la mobilisation active des villageois.
La méthode de travail dans cet ouvrage est exemplaire au niveau de l'articulation de l'observation et de la réflexion, du terrain et de l'élaboration, de la pratique et de la théorie. Nagib Khouri a observé sur place dès son plus jeune âge; ses observations ont suscité en lui un désir de compréhension qui l'a conduit à en faire le sujet de son mémoire de maîtrise de psychopathologie qui a déterminé des effets de recherche théorique. Il est alors revenu dans son village observer de nouveau avec un œil plus averti, une écoute plus méthodique. L'enrichissement par ces nouveaux matériaux l'a alors poussé à l'élaboration d'une thèse de doctorat.
L'ouvrage qu'il nous livre aujourd'hui est le fruit de son expérience et de sa théorisation: il nous parle des rites funéraires de son village, faisant valoir leurs significations et, tout autant, leurs articulations avec le vécu du travail de deuil. Cette perspective maintenant classique avait déjà été formulée en 1910 par