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Le premier numéro de la revue canadienne Trans réunit une série d'articles qui sont le plus souvent des réflexions ou impressions, sans prétention théorique majeure, mais des textes subtils, intuitifs, toujours basés sur la clinique.
Ce premier numéro a pour thème Le Divan et quelques-uns de ses aspects: en ce qu'il déjoue le face-à-face, il engendre le malaise comme premier symptôme que l'analyse propose aux patients, en lieu et place de ceux qu'ils ont élaborés avant de venir s'étendre (D. Scarfone). Une large place est réservée à cette frange de patients qui ne peuvent « utiliser » le divan et l'analyste qu'avec des aménagements.
E. Michon aborde l'échec de la transitionnalité dans un jeu de disparition qu'implique l'analyse. S'appuyant sur Winnicott, elle évoque le cas de ces analysants qui ne peuvent se permettre de « jouer avec quelqu'un qui disparaît » et qui incitent à une trop grande présence, rappelant celle de la mère qui refuse de disparaître; comme ces mères narcissiques qui ne renvoient dans leur regard rien d'autre qu'elle-même, privant leur enfant d'un espace psychique différentiel.
M. Leduc les appelle « fakirs du divan », ceux qui s'étendent sur le divan, mais ne s'y reposent jamais. « A la fin de la séance, juste après leur départ, vous retrouvez sur le divan toutes vos interprétations bien intactes. » Ils se tiennent à distance, nous tiennent à distance, dénient notre présence, ce qui les protège de notre absence. Ils sont capables de décoller de la réalité, ils se situent dans l'angoisse de séparation, de morcellement, en deçà de l'identité sexuelle. Pour parvenir jusqu'à eux, il faut tenter de rompre cette relation d'emprise mutuelle avec l'objet primaire. Pour l'auteur, la voie d'accès semble être l'erreur: erreur de l'analyste par acte manqué, bris du cadre. Cette erreur agie équivaut à une interprétation qui surprend autant l'analyste que le patient. C'est à partir de ce fragment de réalité, point d'ancrage, que se construit alors l'espace psyc