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Ce numéro m'a paru particulièrement intéressant car, si la honte renvoie à une expérience quasi universelle, à un éprouvé intense; si elle a donné lieu à des élaborations littéraires nombreuses (sous de multiples aspects et des thématiques infiniment variées); s'il n'est pas de psychothérapies d'adolescents au cours desquelles elle ne surgisse sous l'actuelle expression « J'avais la honte » ou sous une forme beaucoup plus ineffable et complexe: l'analyse de cette notion conduit plus souvent à une description de type phénoménologique qu'à une théorisation. A l'exception (non exhaustive) de l'article de J. Guillaumin (« La honte, culpabilité et dépression ») dans la RFP de 1973 consacrée à l'Idéal du Moi.
Je ne ferai que mentionner les articles de fond de Ph. Gutton sur « L'idéal du Moi et processus d'adolescence », de F. Ladame sur « Les paradoxes du suicide » ainsi que le texte passionnant d'A. Anzieu: « L'inquiétante féminité » (la difficulté du changement d'objet chez la fille, sa situation de vide dépressif narcissique et des réflexions interprétatives sur l'anorexie de l'adolescente), pour ne m'attacher qu'à quelques-uns des articles plus spécifiquement centrés sur la honte à l'adolescence.
L'article de B. Brusset apporte une contribution essentielle à la clinique et métapsychologie de la honte. Quelques repères généraux pris dans les mythes, la littérature, la philosophie, nous rappellent le rapport de la honte avec la sexualité, ses liens indissociables avec le narcissisme, sa partie liée avec l'origine, sans oublier l'importance des dimensions scopique et sociale découlant de l'aliénation dans le regard de l'autre (l' « acte définit l'être »). La lecture de Freud met en évidence l'effet d'après-coup dans la honte (qui sera si bien développé par