You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Parmi les numéros de 1993 de Psychanalyse à l'Université, notre intérêt a été particulièrement éveillé par un texte d'Yves Thoret dans le n° 69 sur le mécanisme du déchirement dans le roi Lear et son entrée dans la psychose; l'on y découvre sous un aspect original comment les blessures narcissiques (surtout celles d'un roi!) peuvent faire basculer dans la psychose. Le roi Lear est déçu par ses trois filles: deux l'ont trahi et Cordelia ne s'est pas laissée apitoyer par ses propos sur sa mort prochaine. Profondément blessé par l'attitude de Cordelia qui ne s'est pas précipitée dans ce « concours d'amour », le roi Lear perd la raison, est entraîné dans une rage destructrice. Yves Thoret décrit la rupture des liens avec Cordelia comme « l'arrachement » qui conduit le roi Lear à se détruire lui-même, en même temps qu'il détruit le cadre qui lui permettait d'appréhender la réalité. L'auteur met en parallèle cet arrachement et celui dont parle Freud à propos des mécanismes des psychoses. Il reprend toute l'évolution de la théorie de l'épreuve de réalité pour tenter de restituer à l'Idéal du Moi une fonction de caution de la réalité.
Dans ce même numéro, J. Laplanche poursuit son élaboration quant au fourvoiement initial que constitue l'abandon de la théorie de la séduction.