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L'enfant dans l'adulte: l'enjeu d'une telle réflexion, partant de ce que contient cette énonciation, nous paraît toucher au plus vif notre identité de psychanalyste. Pour quelles raisons?
Ce sujet se situe au carrefour d'un certain nombre de questions tant théoriques (métapsychologiques) que techniques. Au centre de ce carrefour, une question touchant à l'écoute du patient dans notre pratique quotidienne: notre attention est-elle d'emblée suscitée par l'adulte qui évoque son enfance, ou bien plutôt par cet enfant d'autrefois apparemment perdu dont ne sait plus parler un tel adulte? Le lien entre ces deux perspectives — et l'on peut se demander si ce lien est le fait du patient, de l'analyste ou de la rencontre entre les deux — nous paraît au centre d'une interrogation fertile sur ce sujet.
Dès lors, deux aspects de la pensée psychanalytique d'aujourd'hui nous semblent pouvoir se confronter ici: est-ce l'enfant d'autrefois que le psychanalyste aurait l' « illusion » de reconstruire chez son patient? Ou bien l'enfant porté par le tissu « imaginaire » lié au travail de la cure?
Ceci rappelle à tous un débat historique fructueux.
De ce fait, on ne peut se passer d'une réflexion sur l'historique d'un tel sujet.
Le concept d'enfant dans l'adulte est à l'origine des formulations métapsychologiques freudiennes. Il suffit de suivre Freud dans son œuvre depuis ses premières formulations théoriques jusqu'à l'Abrégé (1939), pour en être convaincu.
Néanmoins le statut dévolu à cet « enfant » chez Freud est à distinguer de celui qui occupe la pensée de ses continuateurs: ce n'est pas le même enfant dans l'adulte que l'on voit apparaître chez S. Ferenczi, A. Freud, M. Klein, D. W. Winnicott, W. R. Bion, M. Bouvet, J. Lacan, S. Viderman, etc. Il s'agit donc de les différencier.